Je vais essayer de mettre plus de choses en plus des textes, genre des dessins.
J'aimerais vraiment vos avis sur ce que vous voulez voir (même si ça doit juste être "que du texte").
See ya^^
Septembre 2082.
Seul, je pus franchir les portes de la cité. Même si j’étais rassuré sur la sécurité de Noah, j’aurais voulu qu’elle m’accompagne. Mais on me l’avait refusé. Faire preuve de loyauté pour montrer à mes futurs alliés que j’étais prêt à m’engager à fond pour notre but commun passait avant mes besoins affectifs.
Futurs alliés qui attendaient d’ailleurs plus de moi que je n’attendais d’eux. Je ne savais même pas qui ils étaient. En réalité, eux non plus ne connaissaient pas mon identité, mais je n’avais pas cherché de preuve de leur dévotion. De toute façon, maintenant, soit c’était une réussite totale, soit un échec sur toute la ligne. J’avais choisi de faire confiance à Louis 1er. D’un côté, il m’avait laissé sortir, donc il me faisait confiance, même si on pouvait considérer Noah comme un otage, et d’un autre côté, si lui me trahissait aussi, je n’avais plus aucune échappatoire.
J’écartais de ma tête l’idée que j’avais aussi décidé, à mon retour, de faire confiance à Lévy, jusqu’à lui confier on projet, et qu’il avait fini par s’emparer de celui qui m’avait conduit chez Louis 1er.
Depuis plus d’un an, j’étais resté presque sans nouvelle du monde extérieur. Puisque, bien sûr, mais sur le coup on n’y avait pas pensé, on ne pouvait pas utiliser les portables pour joindre quelqu’un qui se trouvait de l’autre côté de la surface, quand on était enfermé sous plusieurs mètres de terre.
Mais avant de voir les personnes dont on savait qu’elles étaient avec nous, il me fallait m’occuper des territoires nécessaires à obtenir et qui étaient sous un autre contrôle.
La parcelle que s’était attribuée la communauté d’Hélène, comme ils avaient choisis de se faire appeler, était relativement restreinte. Sans être vu, je traversais le territoire de Thor pour arriver en zone neutre, assez près de la frontière d’Hélène. J’apercevais un peu plus loin devant moi leurs ennemies : Catherine.
Hélène et Catherine, du nom de leurs fondatrices de sœurs, n’étaient pas ennemies à proprement parlé, mais rivales. Autant pour le territoire que pour leurs croyances : les deux étaient des communautés religieuses –j’avais eu un rictus moqueur en entendant cela, la seule communauté qui se prétendait religieuse que j’aie croisée m’ayant laissé un souvenir acide- qui se disputaient pour savoir laquelle avait raison.
Mon boulot consistait à entrer en contact avec le dirigeant d’Hélène et à le mettre de notre côté pour le coup d’état de ma ville natale.
Ma planque m’apparut après un tournant. Une ancienne école. Je m’approchais sans bruit, tenant devant moi le signe qui permettrait à celui qui se trouvait à l’intérieur de me reconnaître comme un envoyé de Louis 1er et ainsi de ne pas me fusiller comme un lapin. J’avais l’air un peu con avec une écharpe jaune, mais au moins il me laisserait approcher suffisamment pour que je lui donne le mot de passe.
Je devinais son viseur qui me suivait pendant que j’entrais dans le bâtiment par la bonne fenêtre, les caméras qui m’examinaient pendant que je prenais le bon escalier, son oreille attentive quand je toquais le bon nombre de fois à la bonne porte. Une seule erreur, et je n’étais plus qu’un petit tas fumant.
Après avoir toqué, j’ouvris la porte. La pièce était vide, à l’exception d’une petite caméra. L’autre devait me voir. Nerveux, j’attendis ses questions.
- Le mot de passe ? me demanda une voix déformée.
- « Il y a de nos jours des professeurs de philosophie, mais pas de philosophes. »
- L’ancien mot ?
Je lui donnais le nom de code actuel de notre mission.
- Éemien.
- Le nouveau mot ?
Je prononçais le prochain nom de code, qui changerait au moment où mon interlocuteur quitterait la planque et me laisserait aux commandes. Il avait été défini par Louis 1er avant qu’il ne parte pour sa mission. Selon le même système, je connaissais le nom de code que devrait me donner celui qui viendrait après moi.
- Harting.
- Ok. Monte d’un étage, trois portes sur ta droite après la pièce au dessus de celle-ci.
Celui qui, bientôt, me laisserait sa place et rentrerait à Êta avait environ trente ans. Noir et musclé, il m’accueillit avec un sourire et une canette de soda. Il n’y avait pas d’alcool ici.
- Alors c’est toi, Kay ?
Je levais un sourcil, surpris.
- On m’a prévenu, dit-il en indiquant du menton un téléphone éteint. D’ailleurs, faut que je te dise comment ça fonctionne. Tu dois l’allumer tous les jours, uniquement entre 19h30 et 19h40. Tu recevras les messages importants dans cette tranche horaire. Si ce n’est pas le cas, c’est juste un leurre, tu ne dois en tenir compte. C’est au cas où ils sont interceptés, même si un type un peu intelligent s’en rendra vite compte. Mais ça rassure.
« Et on se reverra peut-être plus tard, si tu réussis et qu’on lance le coup d’état. Moi, c’est Jeff.
- Ben… Kay.
- Ouais. Tiens, me demanda-t-il, t’as pas d’arme ?
- Pas besoin. Et je me suis dit que si tu me voyais arriver avec, t’aurais pu mal réagir. Et de toute façon, des armes, il y en a ici.
- Si près du domaine de Thor, on peut pas se reprocher d’être prudent… Il est complètement timbré ce type.
Je n’ai pu qu’acquiescer.
- Comment t’es passé ? C’est pas facile de pas se faire repérer par ses gosses.
- J’ai déjà eu affaire à Thor. Je sais comment éviter ses vigils.
A sa demande, je lui racontais cette partie de mon histoire. Il soupira quand j’eus fini.
- Ce genre de mecs, faut pas les laisser traîner n’importe où. Si jamais la nouvelle cité est créée, ça suffira pas de l’enfermer.
Il me lança un regard, cherchant à connaître mon avis. Peut-être s’attendait-il à ce que j’aie une réaction de surprise, d’horreur, de dégoût.
- Je suis d’accord avec toi, Jeff.
Il hocha la tête, satisfait.
- Toi aussi, t’as rencontré quelqu’un comme lui à Êta, ou à l’extérieur ?
- Pas qu’un malheureusement.
- Je dois pas quitter la planque avant d’avoir vérifié les messages du téléphone. Y en a pour quelques heures. Tu me racontes ?
- Toi d’abord.
- Si tu veux.
Et une autre photo :
Le poison de l’Histoire – Chapitre 5
Une semaine avait passé depuis que Careth avait fui Hill. Il avait fait près de deux cents kilomètres, pour arriver environ au centre de la zone des collines. Le chemin était difficile, autant pour son fauteuil ou son endurance que pour son esprit préoccupé.
Où aller ? Atlas comme Axis se lancerait bientôt à ses trousses. Il ne pouvait même pas trouver refuge chez ses anciens ennemis. Les portes devaient être surveillées, il ne pourrait pas sortir de Cydonia. Zone somme toute relativement réduite. Il était plus faible désormais que les autres guerriers de Cydonia : il avait senti plusieurs jours auparavant que le lien entre lui et sa dagyde avait été coupé. Il était maintenant aussi résistant qu’un humain normal.
Il eut un sourire amer en pensant que c’était préférable pour l’estime qu’il avait de lui-même de savoir qu’il ne l’utiliserait plus.
Son espoir était ce qu’on appelait les colonies de la Cydonia. Tout comme des hommes ayant des pouvoirs naissaient parfois dans des familles normales, il arrivait aussi que des hommes normaux voient le jour alors que l’un, voir les deux, de leurs parents appartenaient à Cydonia. Ils avaient alors le choix d’entrer dans l’organisation de leurs parents, où ils étaient formés au maniement des armes, mais ils pouvaient aussi choisir de ne pas prendre part à la guerre et d’aller vivre avec les autres personnes sans capacités spéciales.
Les colonies ainsi formées vivaient dans les territoires d’Atlas comme d’Axis, et les membres des organisations les ignoraient généralement. Ils étaient instruits de manière complète et semblable à celle de la France, et avaient accès au monde réel, voir même pouvaient décider, une fois adultes, d’y vivre.
Careth se dit qu’il pourrait y trouver refuge temporairement.
Et s’ils le chassaient, comme c’était probable, il lui faudrait se cacher.
Careth arriva sur un petit plateau herbeux. Regardant derrière lui, il se dit que les traces de son fauteuil étaient vraiment trop repérables. Heureusement qu’il alternait avec des vols, même si cela le fatiguait bien plus.
Tout à ses réflexions, il ne vit pas l’inégalité du terrain juste devant lui. Les roues glissèrent, entraînant Careth qui poussa un cri quand il se sentit brusquement tomber.
Il chuta sur deux bons mètres avant que son fauteuil ne rebondisse sur un sol de terre et l’envoie bouler. Face contre terre, il étouffa un juron et ramena ses jambes vers lui.
La Cydonia était vieille. Avec toute la magie qu’on y pratiquait sans cesse, et l’autre raison que Careth avait pu lire dans Braises, certains terrains avaient dérivés, ce qui avait provoqué des irrégularités dans le plan de la Cydonia, comme une zone de marais à l’extrême est de la limite entre les collines et la mer. On appelait ces zones des hiatus.
Levant les yeux, Careth vit un trou lumineux, par où il était tombé. Un hiatus d’à peine un mètre carré qui avait rendu la terre molle comme de la boue au dessus d’une grotte. Évidemment, il avait fallu qu’il arrive droit dessus. Ça devait être facilement repérable d’en haut. Le jeune homme grogna.
Ne sachant trop quelle créature pouvait habiter là-dedans –vu la hauteur du plafond il espérait qu’elle ait déménagé-, il se traîna pour remonter sur son fauteuil et se prépara à utiliser si nécessaire son pouvoir.
Une vague blanche et pelucheuse fonça vers lui. Careth comprit à temps ce qu’étaient ces petite bestioles : des boules de fourrures à peu près inoffensives tant qu’elles considéraient que vous l’étiez aussi. Careth se laissa donc inspecter sagement pendant cinq bonnes minutes en tentant de ne pas respirer leurs longs poils –ce qui le fit d’ailleurs éternuer à plusieurs reprises, mais sans qu’elles y voient une menace-.
Enfin, elles semblèrent considérer qu’il était de compagnie acceptable, et retournèrent à leurs activités.
Pendant les mois d’instructions des jeunes recrues, on leur faisait des cours sur la faune et la flore parfois particulières de la Cydonia. Comme pour les terrains, les espèces animales et végétales d’origine terrestre avaient parfois déviées pour donner des bêtes et des plantes très curieuses. Ces peluches, par exemple, étaient de tout petits mammifères proches des souris –on les appelait d’ailleurs en général comme ça-, grosses comme un pouce d’homme, mais recouvertes de poils hérissés si longs qu’elles semblaient atteindre la taille d’un lapin adulte. Les souris n’étaient pas dangereuses si elles étaient seules, mais au moindre geste suspect un aussi grand nombre aurait réduit Careth en un petit tas sanguinolent.
Pendant son voyage, Careth apprendrait plus tard que ces transformations avaient également affecté certains humains.
Le jeune homme soupira. Puis il se dit qu’être tombé là n’était pas une si mauvaise idée. Les souris étaient nombreuses en Cydonia, et sacrifier celles-ci au profit de sa propre survie ne le dérangea pas longtemps. Il s’éloigna de l’ouverture.
« Trouvez Careth. Neutralisez-le. Quittez les lieux et ordonnez à Mai de finir le boulot. S’il refuse, même pour une bonne raison, tuez-les tous les deux ! » Ainsi avait dit Sumai aux trois membres spécialisés dans le pistage auxquels Mai devait maintenant obéir pour racheter sa faute.
Il les avait suivis jusque dans les collines. Les dernières traces de Careth, qui dataient de quelques jours, s’arrêtaient devant un trou. Il avait pu échapper à la chute en lévitant, mais s’il était tombé et avait été blessé au point de ne pas pouvoir ressortir, cela valait le coup de vérifier.
- Attends là, on va voir.
Mai hocha la tête et les trois hommes descendirent grâce à une corde qu’ils avaient attaché à un arbre pas loin.
Après quelques secondes, les souris se montrèrent. Ils restèrent aussi immobiles que Careth un peu plus tôt. Les peluches commencèrent leurs investigations. Ce fut lorsque l’un d’eux poussa un cri, eut un soubresaut et s’effondra parterre quand un objet de métal transperça l’un des leurs qu’ils considérèrent qu’ils étaient leurs ennemis. Ils réussirent à infliger de sérieuses coupures aux deux hommes avant que l’un d’eux lance un sort de feu qui les réduisit à un petit tas de cendres grises.
Careth baissa la main. Les bestioles lui avaient permis d’éliminer un homme, mais les deux autres savaient probablement où il était. Au vu du blason qu’il distinguait sur leurs uniformes, ils appartenaient au service de renseignements.
Respirant le plus doucement possible, il ne fit pas un geste. Ils ignoraient pour le moment sa position exacte. Il pouvait espérer qu’ils regardent une seconde ailleurs et qu’il pourrait en profiter.
Leurs regards s’éloignèrent un instant. Careth sortit une lame et tira.
Cette fois franchement agacé, celui qui avait tiré lança une énorme boule de feu vers la direction approximative de leur cible. La lumière vive éblouit leurs yeux habitués à l’obscurité, mais il eut le temps d’apercevoir le regard étonné et furieux du jeune homme. L’autre réagit immédiatement. Son arc lança sa première flèche. La seconde suivit presque immédiatement la disparition de la lumière.
Ils s’avancèrent vers l’origine du cri de douleur. Careth était tombé à genoux, une des paumes sur le bras droit qui saignaient légèrement, l’autre sur sa deuxième blessure, également peu profonde, sur son flanc gauche.
Le plus grand, qui avait tiré le feu, laissa un instant la colère éclairer son visage. Il prit une grande inspiration, lança son pied vers le visage de Careth, qui s’écroula sur le côté, et expira lentement.
- Le poison va mettre longtemps à agir. On sort.
Maudissant ses hommes et sa propre capacité à se sortir de cette situation, Careth sentit le poison s’infiltrer dans
son sang. Il pouvait déjà à peine bouger.
Petite vue des stand depuis la
salle de repos. C'est de loin pas tout.
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