..::Ether::..

Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /2008 20:57
Désolée pour le jour de retard. Chapitre suivant^^

   Septembre 2082.

   Seul, je pus franchir les portes de la cité. Même si j’étais rassuré sur la sécurité de Noah, j’aurais voulu qu’elle m’accompagne. Mais on me l’avait refusé. Faire preuve de loyauté pour montrer à mes futurs alliés que j’étais prêt à m’engager à fond pour notre but commun passait avant mes besoins affectifs.

   Futurs alliés qui attendaient d’ailleurs plus de moi que je n’attendais d’eux. Je ne savais même pas qui ils étaient. En réalité, eux non plus ne connaissaient pas mon identité, mais je n’avais pas cherché de preuve de leur dévotion. De toute façon, maintenant, soit c’était une réussite totale, soit un échec sur toute la ligne. J’avais choisi de faire confiance à Louis 1er. D’un côté, il m’avait laissé sortir, donc il me faisait confiance, même si on pouvait considérer Noah comme un otage, et d’un autre côté, si lui me trahissait aussi, je n’avais plus aucune échappatoire.

   J’écartais de ma tête l’idée que j’avais aussi décidé, à mon retour, de faire confiance à Lévy, jusqu’à lui confier on projet, et qu’il avait fini par s’emparer de celui qui m’avait conduit chez Louis 1er.

 

   Depuis plus d’un an, j’étais resté presque sans nouvelle du monde extérieur. Puisque, bien sûr, mais sur le coup on n’y avait pas pensé, on ne pouvait pas utiliser les portables pour joindre quelqu’un qui se trouvait de l’autre côté de la surface, quand on était enfermé sous plusieurs mètres de terre.

   Mais avant de voir les personnes dont on savait qu’elles étaient avec nous, il me fallait m’occuper des territoires nécessaires à obtenir et qui étaient sous un autre contrôle.

   La parcelle que s’était attribuée la communauté d’Hélène, comme ils avaient choisis de se faire appeler, était relativement restreinte. Sans être vu, je traversais le territoire de Thor pour arriver en zone neutre, assez près de la frontière d’Hélène. J’apercevais un peu plus loin devant moi leurs ennemies : Catherine.

   Hélène et Catherine, du nom de leurs fondatrices de sœurs, n’étaient pas ennemies à proprement parlé, mais rivales. Autant pour le territoire que pour leurs croyances : les deux étaient des communautés religieuses –j’avais eu un rictus moqueur en entendant cela, la seule communauté qui se prétendait religieuse que j’aie croisée m’ayant laissé un souvenir acide- qui se disputaient pour savoir laquelle avait raison.

   Mon boulot consistait à entrer en contact avec le dirigeant d’Hélène et à le mettre de notre côté pour le coup d’état de ma ville natale.

 

   Ma planque m’apparut après un tournant. Une ancienne école. Je m’approchais sans bruit, tenant devant moi le signe qui permettrait à celui qui se trouvait à l’intérieur de me reconnaître comme un envoyé de Louis 1er et ainsi de ne pas me fusiller comme un lapin. J’avais l’air un peu con avec une écharpe jaune, mais au moins il me laisserait approcher suffisamment pour que je lui donne le mot de passe.

   Je devinais son viseur qui me suivait pendant que j’entrais dans le bâtiment par la bonne fenêtre, les caméras qui m’examinaient pendant que je prenais le bon escalier, son oreille attentive quand je toquais le bon nombre de fois à la bonne porte. Une seule erreur, et je n’étais plus qu’un petit tas fumant.

   Après avoir toqué, j’ouvris la porte. La pièce était vide, à l’exception d’une petite caméra. L’autre devait me voir. Nerveux, j’attendis ses questions.

   - Le mot de passe ? me demanda une voix déformée.

   - « Il y a de nos jours des professeurs de philosophie, mais pas de philosophes. »

   - L’ancien mot ?

   Je lui donnais le nom de code actuel de notre mission.

   - Éemien.

   - Le nouveau mot ?

   Je prononçais le prochain nom de code, qui changerait au moment où mon interlocuteur quitterait la planque et me laisserait aux commandes. Il avait été défini par Louis 1er avant qu’il ne parte pour sa mission. Selon le même système, je connaissais le nom de code que devrait me donner celui qui viendrait après moi.

   - Harting.

   - Ok. Monte d’un étage, trois portes sur ta droite après la pièce au dessus de celle-ci.

 

   Celui qui, bientôt, me laisserait sa place et rentrerait à Êta avait environ trente ans. Noir et musclé, il m’accueillit avec un sourire et une canette de soda. Il n’y avait pas d’alcool ici.

   - Alors c’est toi, Kay ?

   Je levais un sourcil, surpris.

   - On m’a prévenu, dit-il en indiquant du menton un téléphone éteint. D’ailleurs, faut que je te dise comment ça fonctionne. Tu dois l’allumer tous les jours, uniquement entre 19h30 et 19h40. Tu recevras les messages importants dans cette tranche horaire. Si ce n’est pas le cas, c’est juste un leurre, tu ne dois en tenir compte. C’est au cas où ils sont interceptés, même si un type un peu intelligent s’en rendra vite compte. Mais ça rassure.

   « Et on se reverra peut-être plus tard, si tu réussis et qu’on lance le coup d’état. Moi, c’est Jeff.

   - Ben… Kay.

   - Ouais. Tiens, me demanda-t-il, t’as pas d’arme ?

   - Pas besoin. Et je me suis dit que si tu me voyais arriver avec, t’aurais pu mal réagir. Et de toute façon, des armes, il y en a ici.

   - Si près du domaine de Thor, on peut pas se reprocher d’être prudent… Il est complètement timbré ce type.

   Je n’ai pu qu’acquiescer.

   - Comment t’es passé ? C’est pas facile de pas se faire repérer par ses gosses.

   - J’ai déjà eu affaire à Thor. Je sais comment éviter ses vigils.

   A sa demande, je lui racontais cette partie de mon histoire. Il soupira quand j’eus fini.

   - Ce genre de mecs, faut pas les laisser traîner n’importe où. Si jamais la nouvelle cité est créée, ça suffira pas de l’enfermer.

   Il me lança un regard, cherchant à connaître mon avis. Peut-être s’attendait-il à ce que j’aie une réaction de surprise, d’horreur, de dégoût.

   - Je suis d’accord avec toi, Jeff.

   Il hocha la tête, satisfait.

   - Toi aussi, t’as rencontré quelqu’un comme lui à Êta, ou à l’extérieur ?

   - Pas qu’un malheureusement.

   - Je dois pas quitter la planque avant d’avoir vérifié les messages du téléphone. Y en a pour quelques heures. Tu me racontes ?

   - Toi d’abord.

   - Si tu veux.

 

Et une autre photo :
Par KaYa'la'Plante - Voir les commentaires
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /2008 18:55
KaYou dort.

Par KaYa'la'Plante - Voir les commentaires
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Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /2008 19:08
Pam padam... J'ai pris du retard. 'Fin, comme d'hab quoi. Mais un nouveau chapitre pour vous!
Enjoy^^

Par KaYa'la'Plante - Voir les commentaires
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /2008 18:51
Et tout de suite... la suite.
Après-demain, c'est Noir.
Appréciez^^

Par KaYa'la'Plante - Voir les commentaires
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Dimanche 14 septembre 2008 7 14 /09 /2008 16:10
Tadadaaa, suite. La deuxième partie est un peu plus longue^^


Par KaYa'la'Plante - Voir les commentaires
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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /2008 22:37

^^

Oulà j'me connecte ce soir pour jeter un oeil et pouf! des gens! O_O
loul y aurait-il des abonnés à la news letter?

Bref, du coup je suis de bonne humeur. Alors juste pour le plaisir, chapitre!
Le premier d'Ether, parce que ça fait longtemps, et le deuxième de Noir parce qu'en ce moment c'est sur quoi je travaille le plus (vous saurez pourquoi j'ai noté Baptême à côté du chapitre quand je reviendrais. Pour ceux qui ne lisent pas Noir parce qu'il y a trop de bla bla, vous pouvez commencer à partir du chapitre suivant xD).
Appréciez^^

Je vous aime xD

PS : KaYou vous salue bien bas depuis le cyber café^^ après un bon bain dans la Méditerranée BOUAHAHA


~Ether~

   Noah allait donc m’aider. J’en bondis de joie ! Elle prit les choses en main.

 

   La vue du sourire sur le visage de l’homme que j’aimais me donna confiance. Kay était fort physiquement, mais cette action de Lévy, auquel il avait accordé sa confiance jusqu’à avouer quelles étaient ses intentions lui apparaissait comme une trahison dont il se demandait s’il pouvait y faire face.

   Heureusement, m’introduire dans un bâtiment pour y voler quelque chose –ou quelqu’un- était une chose que je savais faire depuis un jeune âge. Même seule et dans un lieu inconnu, je pensais en être capable. Mais j’aurais bien besoin d’un coup de main. Je savais où le trouver.

   Espérons juste que Lévy ne savait pas que c’était moi qui avais fourni son contact à Kay. Mais il était sûrement plus intéressé par son jeune employé que par moi. Et mes sorties nocturnes étaient suffisamment fréquentes pour qu’il n’y porte pas d’attention particulière.

   Tard dans la nuit, je quittais donc l’appartement et, pour me justifier devant les éventuels regards, entrais dans une pharmacie et repassais la porte munie d’une boîte de pilules de plantes parfaitement inoffensives mais aidant au sommeil.

   Puis je fis ma petite balade, qui passa par hasard devant une fenêtre quelconque qui attira pour une raison quelconque mon attention, et je décidais tout à fait innocemment d’entrer par effraction histoire de les délester d’une bière. La vente d’alcool étant strictement limitée à l’intérieur d’Êta, sauf dans le quartier où je me trouvais actuellement, et le fait que ma promenade dure depuis deux heures avaient, je l’espérais, assouplis la surveillance des possibles yeux de Lévy, et mon intrusion passerait pour une simple lubie.

   Dans la maison, tout le monde ne dormait pas. Je savais où était la cuisine et y trouvais qui je cherchais : l’un de ceux qui avaient eu la chance de ne pas se trouver chargés de capturer Kay et s’en étaient sortis vivants, mais sans nouvelle de leur chef.

   L’homme en face de moi m’avait reconnu : il fronça les sourcils en s’approchant, mais je lui fis signe de ne pas bouger. Je levais alors la main dans laquelle se trouvait un petit bout de papier.

 

15 rue du Limousin

18.08.82

Ice.

 

   Puis, ajouté de mon crayon :

 

10h demain matin au

marché frais sur le rond point.

Je sais où est Ice.

 

   Je piquais une bière fraîche et sortis sans rien de plus.

 

   Le lendemain matin, Kay partit se changer les idées au cinéma (pour les très peu nombreux films qu’il y avait). Quant à moi, je pris la direction du seul marché de produits frais entièrement contrôlé et approvisionné par l’état qui se tenait tous les deux jours sur plusieurs rues. Dont un grand rond point fermé aux voitures électriques pour l’occasion.

   Je fis mes courses habituelles de légumes et viandes puis m’approchais d’un étalage de poisson. J’y fus rejointe cinq minutes plus tard par mon donneur de bière de la veille. Il s’appelait Matt. Nous profitâmes de ce que le marchand était occupé avec un client important pour discuter en paix.

   - Alors ? demanda-t-il, pressé.

   - Lévy.

   Il soupira.

   - Je m’en doutais un peu. Vu la rivalité entre Lanier et Lévy, il a dû être ravi de sauter sur une telle occasion. Tu pourras remercier Kay, ajouta-t-il d’un ton acide.

   - Kay a été le premier surpris, répondis-je sèchement. C’est lui qui a trouvé Ice et il ferait tout pour le sortir de là.

   Matt se mordit la lèvre.

   - Tout ? Il est vraiment si mal en point ?

   - Apparemment. Et cette situation n’arrange pas Kay plus que toi, crois-moi. Mais il ne peut pas nous aider.

   - Pourquoi ?

   - Lévy le connaît trop bien. Après la visite de Kay dans les locaux, il doit se douter que ça l’a mis dans tous ses états.

   - C’est donc toi qui t’en charges ?

   - J’ai besoin de toi et de toute l’aide que tu peux m’apporter. Combien êtes-vous ?

   - Six. Mais Ice était le seul qui connaisse et qui rencontre régulièrement celui des trois Louis qui nous employait.

   - « Louis » ?

   - Ah, tu ne connais pas leurs noms ? Kay ne t’en a pas parlé ?

   - Non.

   - Le trio à la tête de la ville s’est toujours nommé ainsi. En France, jusqu’au 19ème siècle, de nombreux rois ont choisi de se faire appeler Louis. Eta a repris cette coutume, et depuis à peu près trente ans que le système existe, on a été gouvernés par Louis 1er, Louis II qui s’est fait assassiné il y a quelques années et a été remplacé par Louis IV, et Louis III.

   A la mention des Louis, certains regards se tournèrent vers nous par réflexe. Nous nous tûmes aussitôt et il quitta le poissonnier pour un autre étalage. J’attendis un peu, puis le rejoignis plus loin.

   - Que propose-tu ? continua-t-il.

   - Que vous fassiez diversion. Il vaut mieux que je sois toute seule pour chercher Ice, autant être le plus discret possible. Ne t’en fais pas, dis-je en croisant son regard, je n’ai pas l’intention de l’amocher davantage, je réussirai à le sortir de là.

   - Je préviendrais des « amis » de ce que nous faisons. Si c’est un piège, ils tueront Kay.

   Je hochais la tête. Ils avaient toutes les raisons de se méfier, et j’aurais fait pareil à leur place. Nous pûmes ensuite arriver à un accord et mettre en route les événements de la nuit.


~Un monde plus noir~

Baptême - Chapitre 6

   Enfin ! J’étais membre d’Axis à part entière ! Eze me félicita, Sumai également. Je pus glander toute l’après-midi. Puis, le lendemain matin, je fus convié à un rituel bizarre, incluant un public restreint et des cartes blanches sur lesquelles étaient inscrits des caractères étranges. Tout cela faisait très sorcellerie, pour l’idée que j’en avais…

   A la fin, je dus inscrire mon nom sur un papier semblable et Sumai l’emmena je ne sais où. On m’expliqua brièvement que l’on venait de me créer une dagyde, c’est-à-dire une sorte de poupée vaudou, qui prendrait une partie de ma douleur et me permettrait de subir moins de dégâts ou d’éviter la perte trop importante de sang si je venais à être blessé. On me fit également une rapide démonstration, et je compris pourquoi les blessés que j’avais déjà pu voir saignaient peu.

   Puis je fus présenté aux quarante huit autres membres d’Axis. Les nouvelles recrues étaient rarement de plus de trois par an, chacune était donc accueillie avec joie.

   Pendant plusieurs mois, ma vie fut une suite de combats avec des équipiers à peine plus expérimentés que moi et un chef de groupe contre des Charognards de plus en plus âgés et donc puissants. Eze était reparti faire son propre boulot.

   Plusieurs mois seulement coupés par un nouveau membre qui partit immédiatement en formation, quelques missions remplies avec un camarade de deux ans de plus que moi, Mai, qui semblait ne pas beaucoup m’aimer, et quelques intrusions dans la bibliothèque de la ville. Rien de bien passionnant, selon moi.

   Quand je ne chassais pas de Charognard, je restais dans la petite maison de Hill qui m’avait été attribuée, à jouer avec mon ordinateur (qui était doté d’une très bonne connexion internet, même en Cydonia), mais le plus souvent dans le monde réel, à profiter de l’argent que m’apportait la chasse, à écouter de la musique, fumer et rencontrer des filles.

 

   Puis Sumai me présenta à Kenya. C’était une femme magnifique de vingt-trois ans… et qui ressemblait beaucoup à sa sœur aînée, Morgane. Nous nous saluâmes selon l’usage et elle se contenta de me regarder, sans animosité mais sans sympathie non plus.

   - Vous ferez équipe pour quelques semaines, annonça Sumai. Tu as progressé assez vite pour pouvoir dès maintenant affronter Atlas en face. Kenya va t’aider à trouver des pouvoirs intéressants.

   La jeune noire hocha la tête et me fit signe de la suivre. Nous nous rendîmes dans le gymnase, peu occupé.

   - J’ai fait équipe avec ma sœur pendant longtemps, commença-t-elle. Je sais comment fonctionne son pouvoir. Mais avant que tu n’obtiennes quoi que ce soit, je vais d’abord te montrer comment maîtriser ce que tu auras. Tu as eu l’enseignement d’Eze sur tout ce qui est général, je vais te former spécialement.

   « Que ton pouvoir agisse sur toi, sur les autres, ou sur les éléments de ton environnement, il peut très vite devenir trop fort. Un pouvoir que tu ne contrôles pas risque de se déclencher malgré ta volonté. Un manque de maîtrise peut aller très loin, très vite.

   « Tu peux prendre le pouvoir des autres. Une telle capacité est sans effet sur un Charognard ou sur une personne normale. Et tu peux l’utiliser de deux manières : approche une personne, et tu obtiendras une partie de son pouvoir et pour un temps limité, comme avec Eze. Tue-la, et tu auras son pouvoir dans sa plénitude et sans limite de temps. C’est ce que nous allons faire dans les prochaines semaines.

   « Enfin, tu vas acquérir beaucoup en peu de temps. Pour que ce soit possible sans que tu perdre la tête, nous allons faire appel à Sahara. On l’appelle le faiseur d’objets. Il ne combat pas, c’est l’une des personnes les plus âgées de la communauté, et son pouvoir est extrêmement utile : il peut enfermer une capacité dans un objet, comme son nom l’indique. Mais nous reparlerons de ça plus tard.

   « Pendant les prochains jours, je vais t’apprendre à posséder beaucoup et à tout contrôler. Nous allons faire des exercices autant du corps que de l’esprit. Regarde, imite, puis fais et comprends.

 

   Les exercices qu’elle me proposa m’apprirent à me concentrer, à ne pas me laisser aller, à être serein même dans les tâches que me confiait l’organisation. Méditation, mouvements lents et fluides, j’y gagnais encore en souplesse.

   De l’extérieur, cela ressemblait à une danse. Faire ce genre d’activité avant m’aurait fait monter le rouge aux joues. Plus maintenant. J’apprenais juste à être efficace.

 

   Puis elle m’emmena revoir le monde. Et en voyant les touristes, les bureaucrates, les pénards, les pressés, j’eu une sensation délicieuse. Je me sentais… au dessus.

   Je ne vis pas Kenya sourire. J’avais l’impression d’être supérieur. Je n’hésiterais pas à mettre fin à une vie désormais, et c’était ce qui les intéressait.

   Eze nous rejoignit bientôt. J’accueillis avec joie mon mentor et nous nous dirigeâmes tous les trois vers la direction qu’il nous indiquait.

   - Je ne suis pas là pour vous aider, m’expliqua-t-il. Juste pour vous guider.

   Il indiqua du doigt un combat dans une ruelle, un peu plus loin. Un membre d’Atlas contre un Charognard.

   - Attend le bon moment, puis frappe, m’ordonna Kenya. Rappelle-toi, il faut que tu ais un contact physique avec lui quand il mourra. Et n’hésite pas.

   Elle avait bien fait d’ajouter la dernière phrase. Cela restait du meurtre gratuit. J’observais néanmoins avec attention.

   L’homme était un grand blond qui avait la capacité bizarre de créer des films semblables à des fils d’araignée. La matière fine et collante sortait de ses doigts pour venir empêtrer le Charognard. Quand celui-ci fut immobilisé, le blond l’acheva et poussa un soupir de soulagement en rangeant son arme. Mon carreau pénétra son dos et il s’écroula avec un grognement de surprise et de douleur. Je m’approchais et glissais ma main sous son T-shirt, sur la peau nue.

   Il gigota et, pour qu’il se tienne tranquille, j’appuyais avec mon autre main sur le carreau. Sentant venir le dégoût, je sortis la faucille et il rendit l’âme.

   Je ne sentis rien de particulier, pas plus que quand Morgane était morte. Mais j’avais acquis quelque chose. J’agitais les doigts, les observais attentivement, tentant de créer la sensation de fabriquer du fil. Et enfin, assez naturellement, une petite boule gris clair apparut au bout de mon majeur. Et elle grossit, grossit, jusqu’à tomber et rouler parterre, encore accrocher à ma peau par un lien fin.

   - C’est bon, tu l’as. Allez, on rentre.

 

   Le soir venu, nous n’étions pas encore allés voir Sahara, aussi m’amusais-je avec mon fil. En mettant mes deux mains en contact, je pouvais obtenir cinq fils qui reliaient mes doigts. Et c’était plus pratique de la pâte à fixe. Je pouvais aller jusqu’à six mètres de fil continu, autant tout fin ou d’un diamètre de quelques millimètres. Assez amusant.

 

   Le lendemain matin, je passais deux heures à m’exercer encore à faire plus de fils sous l’œil attentif de Kenya, puis nous nous rendîmes chez le faiseur d’objet. L’homme d’une cinquantaine d’années, aux cheveux déjà gris et aux yeux bleus pétillants m’accueillit avec un grand sourire.

   Il tenta d’abord de m’expliquer le principe des bijoux qu’il fabriquait, à savoir qu’il ne faisait que créer une clé d’activation à travers son objet, mais que la capacité restait en moi et qu’ainsi, aucun autre ne pouvait accéder au don par le bijou. Au cours du temps, je pourrais facilement utiliser le pouvoir sans cette clé mais que, pour un moment, elle me serait nécessaire.

   Pour finir, il me demanda d’écrire mon nom sur un papier blanc similaire à celui qui avait servi à fabriquer la dagyde, suivi de la capacité que je souhaitais mettre sous clé, il me demanda de choisir un anneau en métal simple parmi ceux qu’ils avaient –en me précisant que les prochains seraient pour ma poche- et disparut avec.

   - Il s’éloigne pour ne pas que tu vois comment il fait, commenta Kenya. C’est un homme très fier de son art et il ne veut pas qu’on l’utilise à sa place.

   Ce que je pouvais comprendre.

   Peu après, histoire d’essayer, je tentais de filer sans et avec la bague. Impossible sans elle, et exécutable sans aucun changement avec. Je souris devant ce travail remarquable.

 

   Durant les trois semaines suivantes, j’acquis les pouvoirs –parfaitement inutiles vu ma maîtrise actuelle de ces derniers mais incroyablement divertissants- de me transformer en chat, ce qui se réduisait encore à me couvrir de poils noirs, et de me rendre invisible pendant, selon la jeune fille à qui je l’avait volé, dix secondes, mais je pouvais seulement pour l’instant rendre la peau et mes cheveux transparents. Très bizarre.

   J’appris ainsi beaucoup sur comment gérer plusieurs pouvoirs simultanément, et choisir très précisément quelle dose était la bonne.

 

   Alors que nous approchions de la mi-juillet, mon quotidien fut à nouveau modifié par l’arrivée de quelqu’un qui fut à la fois un ami très proche, un être plein de secret, et l’un de ceux qui apportèrent le plus d’emmerdes dans ma vie.

 


Par KaYa'la'Plante - Voir les 1 commentaires
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